vu sur fb coll Pass Las Nat :

post de Alexandre 2eme année de médecine :

https://www.facebook.com/groups/1133255287191149

Bonjour à tous ! C’est ma première publi ici, et je sens que je ne vais pas me faire que des amis, donc on va commencer par un message de prévention:

⚠️ Ce post contient des opinions. Si vous ne supportez pas la contradiction, les critiques, les nuances et les débats, vous pouvez scroller !Intro pour me présenter, quand même:Je suis l’un des rares étudiants en Santé sur ce groupe qui n’est pas en P1. En l’occurrence, je suis en 2° année de médecine.
Mais alors qu’est-ce que je fous là depuis 3 mois ? 🤔J’ai tout simplement des amis actuellement en PASS, j’en ai qui y seront l’an prochain, et d’autres encore l’année d’après, et je trouve la réforme catastrophique.Rien que sur le fond ça coince.
Diversifier les profils… Qui va à l’hôpital et demande si le médecin a une équivalence de License en Droit ou en Italien, ou s’il a eu un Bac STI2D ?
Et pour ce qui est d’Humaniser les médecins, je pense que ce terme est une balle perdue pour tous les S qui n’avaient rien demandé, et qu’au lieu de considérer que les Littéraires sont plus amicaux, il serait bon de donner des cours sur « comment annoncer de mauvaises nouvelles » aux étudiants.Sur la forme, il y a déjà eu assez de post sur le groupe, et je ne veux pas non plus que le mien fasse 10 mètres de longSinon, pour éviter la réponse joker « Il n’en a rien à foutre, ça ne le concerne pas » ou les « Il ne connait pas le sujet« , je précise que je suis d’une manière générale tuteur de PASS et de LAS à la fac Marseille, plus précisément j’ai passé jusqu’à 11h/semaine bénévolement à ronéotyper, faire des QCMs, faire des Night Tutorats, gérer l’UE dont j’étais co-responsable. Donc en terme d’investissement pour les P1 je pense être pas mal. De plus, si je n’en avais rien à foutre, je ne serai tout simplement pas sur ce groupe.
Je précise quand même que c’est mon opinion, pas celle d’un tutorat X, Y ou Z, ni celle d’une asso. Je ne représente personne, c’est seulement mon point de vue.
Je précise aussi que je suis en médecine, donc je parlerai uniquement ou presque des médecines.Pourquoi cette intro archi-longue ? Tout simplement parce que je vais donner des conseils, que j’ai un point de vue différent, que je vais critiquer, et que les derniers à avoir fait ça s’en sont pris plein la gueule.Peut-être que vous considérerez mes propos avec un point de vue différent.
Peut-être que je suis diablement naïf.
Entrons dans le vif du sujet.L’une des revendications majeure de ce groupe est l’augmentation des places.
Le problème rencontré est qu’il n’y a plus de places en années sup, et surtout en ce qui concerne les stages. Surtout que les NC avaient déjà augmenté (315 en médecine en 2016, contre 405 l’an passé).
En forçant comme des bourrins, vous obtiendrez peut-être 100 élèves en plus par promo. Mais nos amphis sont bondés (encore que le Covid a prouvé qu’on pouvait passer en mi-distanciel), nos salles de TP débordent et en stage, on est parfois 14 par service. 14.Je ne sais pas si vous réalisez. Ca veut dire que soit on se marche sur les pieds, on vient beaucoup mais on ne fait quasiment rien car on est trop. Soit on vient seul ou presque, mais très peu de fois. Dans les deux cas, on a un énorme problème de qualité de la formation puisqu’on apprend à être médecin durant les stage (interrogatoire, examen clinique, contacts avec les patients…). En prime, les stages nuls dégoûtent parfois d’une discipline entière.
Donc si vous dites simplement « Augmentez le nombre de places« , ça se passera mal pour tout le monde.
C’est pourquoi je vous invite à associer une autre revendication. Autoriser les stages hors-CHU. Beaucoup de monde le réclame, ça changera peut-être un jour, et cela montre que vous avez une vision du sujet avec du recul.C’est pour cela que la récente décision du Conseil d’Etat semble catastrophique.
Soit rien de bouge ou presque, et c’est un faux espoir magistral.
Soit on gagne des places sur le NA, et la qualité de la formation en pâtit (dans l’état actuel des choses).
Soit on remodèle le NC et on augmente le NA, et c’est au tour des PACES d’être les dindons de la farce. 🦃Autres revendications qui reviennent souvent:Forcer les internes/jeunes médecins à aller exercer dans les déserts médicauxL’un des gros problèmes des déserts médicaux, c’est également que ce sont des déserts sociaux en général. Aucun médecin n’acceptera d’aller au fin-fond de la France pour exercer s’il n’y a pas à côté un supermarché, une école, quelques commerces…
Demandez-vous simplement si vous-même ou votre enfant le voudrait. La trentaine, un conjoint, peut-être fiancé, peut-être avec de jeunes enfants, et forcé de passer 6 mois en Ardèche, puis 6 mois en Savoie, puis 6 mois dans les Landes…Oui, mais l’Etat (donc la société) leur paie des études, c’est donc une forme de remboursement de ce qu’on leur a donné. Et puis ils palperont plein d’argent une fois diplômés.Les jeunes médecins étant déjà sous payés durant l’internat (un peu plus du SMIC pour 70h/semaine hors Covid), ça ressemble à du foutage de gueule. Parce que oui, hors de l’hôpital, il faut payer le loyer, acheter à manger, pouvoir un peu se détendre…
Et puis les études de 10 ans nécessitant des compétences élevées combinées à un métier difficile justifient quand même un salaire conséquent.
Je place également ici ces dessins de Vie de Carabin (si vous aimez l’humour noir, abonnez-vous) qui rappellent combien l’Etat (donc vous aussi, car moins de taxes) économise avec les médecins, et que les étudiants en médecine sont parmi ceux qui coûtent le moins comparés à d’autre filières.
https://twitter.com/…/status/1261258415885758466/photo/1
https://www.facebook.com/…/a.63708…/3232177470128829/…
Enfin, autre point qui ressort les recours juridiques résoudront tout. En témoignent les multiples actions projetées.On le sait tous, la justice française va encore plus lentement que l’administration. Donc le temps qu’un avocat vous fasse gagner un procès, puis son appel, on sera en 2030.
D’où nouveau tips : améliorez la LAS.
Si vous voulez vraiment faire une profession de santé après une PASS, visez une LAS, pas un jugement.Or, j’ignore comment ça se passe ailleurs qu’à Marseille mais…
Je n’aime pas la LAS actuelle. J’explicite, pas les LAS, la LAS (la voie).
En vrac, les multiples problèmes:🔴 Les LAS sont basiquement largués dans la nature. 50 vidéos de cours, et you-hou, vole, jeune étudiant ! Après le lycée où on est encore guidé, le choc est rude.🔴 L’an prochain ceux qui seront passés en deuxième année vont sûrement en prendre plein la g*****:
Pas d’histo pour les médecines.
Pas de chimie orga, très peu de biochimie pour les pharmas.
Pas d’étude de la mâchoire pour les dentaires.
On a bien des projets de cours de soutien, mais on ne pourra jamais rattraper une majeure santé en quelques semaines. On a un vrai risque de promotions à deux vitesses.
Sans compter de possibles problèmes de cohésion des promotions…🔴 Autres interrogations à éclaircir, les futurs LAS 1 et 2 seront-ils en compétition ? (et bientôt il y aura aussi les LAS 3…) Ou auront-ils un NA spécifique de leur année🔴 Et les LAS 1 et 2 auront-ils les mêmes cours ? D’ailleurs, pourquoi ne pas demander aux facs des cours ronéotypés ?…Voilà voilà, c’était très long.
Rappelez-vous que c’est là une opinion que je donne, pas une leçon, ni une solution miracle.
Il est possible que certains points évoqués plus haut aient déjà été débattus ou discutés en interne, voire sur le groupe. Si c’est le cas, je suis désolé de vous avoir fait perdre quelques minutes.
Je n’ai pas non plus trop parlé de points concrets dans la PASS, tout simplement parce que chaque faculté a des spécificités. La mineure fut un problème quasi-négligeable à Marseille par exemple, car elle n’était pas classante.
Mais sachez également que, si personnel que soit ce point de vue, il est partagé par nombre d’étudiants en années Sup, et que ces-derniers sont loin d’être tous de jeunes politiciens en puissance aux ordres d’un ministère.
(Pas besoin donc de hurler au Facho/Gaucho/Lèche-cul dans les commentaires

QUELQUES COMMENTAIRES SUR FB :

« Sophie Narcisse ,Admin de coll pass las nat : Bonjour Alexandre et merci pour ton post, pour ton implication, pour ton empathie.Tout ça est indispensable et apercevoir l’indifférence de certains étudiants après être passés par le concours me rend malade.Je me permets le tutoiement, puisque, sénior, je pourrais t’encadrer et le tutoiement entre nous s’imposerait naturellement.Je mesure, comme les membres du collectif, chacun des arguments nuancés que tu as bien voulu développer et, je t’avouerai, comme bien d’autres membres du collectif, que j’avais vraiment prévu beaucoup d’autres occupations cette année sur mon rare temps libre.Il se trouve que cette réforme me semble absurde.Mais elle est là.Je partage avec toi l’étonnement qu’on puisse juger nécessaire qu’un médecin soit compétent, par exemple, en littérature médiévale – même si c’est certainement passionnant – et ça, avant sa thèse. Je suis exaspérée par l’espère de repentance qui viserait à ne pas reproduire de clones des médecins dont je fais partie, parce que, très sincèrement, et sans aucune prétention, je trouve quand même qu’on s’en sort pas si mal avec les patients, et j’oserais même avouer que je suis plutôt très fière de beaucoup de mes collègues – toutes spécialités confondues – et pas que pour leurs performances techniques.Nous, membres du collectif, avons dû développer une « mineure réforme » en quelques mois, et c’est bien compliqué, puisqu’il ne suffit pas du tout de s’approprier les termes de la loi, ni des MCCC : cette réforme change tout le temps, et partout. Je te fais grâce des détails.Je te réponds sur quelques points :- Autoriser les stages hors-CHU : ce serait une excellente idée. S’ils n’étaient pas déjà autorisés !En 2019, plusieurs députés avaient proposé des amendements au sujet de la nécessité de conventions entre universités et établissements privés, afin déjà de multiplier les terrains de stage en vue de l’augmentation de la capacité d’accueil.Mmes Buzyn et Rist avaient le 18 mars 2019 refusé quatre amendements sur cette question, les jugeant non nécessaires car « rien n’empêche la signature de convention prévue par la loi ».En effet depuis 2011, selon la loi HPST, les internes, au moins, sont autorisés à faire des stages en structures privées.De nombreuses places d’externes peuvent être créées dans les hôpitaux hors CHU (comme c’est déjà le cas dans quelques régions : le CHRU de Tours s’est organisé pour assurer 30% du volume des stages d’externes en dehors du CHU au sein de la région Centre Val de Loire, et ce, sans le renfort de la médecine libérale pourtant volontaire pour accueillir des étudiants) ; les retours des étudiants sont favorables, avec un bon niveau de stage dans des services de qualité.Le renforcement des stagiaires en campagne permettrait de lutter contre la désertification médicale. Mme Vidal, s’est déjà exprimée sur l’importance des stages hors CHU, qui sont un moyen de lutter contre la désertification – comme le rappellent les travaux de la FHF sur l’attractivité territoriale ; le CNOM nous informe que seuls 12% des jeunes diplômés se lanceraient dans la filière libérale (2019).Concrètement, les taux d’encadrement hors CHU sont bons, les services intéressants, les externes en CH non U sont souvent satisfaits – il ne s’agit bien évidemment pas de former complètement hors CHU mais « d’externaliser les externes » un peu !- Les études payées par la société – Vie de Carabin a déjà tellement bien répondu à ce sujet… nous partageons les mêmes références, ça me fait plaisir ! Un article sur Egora s’intitule d’ailleurs « 120 000 euros par cursus : ce que fait économiser un carabin à l’Etat »- Les recours juridiques résoudront tout…Les collectifs ont émergé du fait de réelles problématiques qui s’imposaient aux étudiants, et donc à leurs familles : désorganisation, manque d’information, aggravation des conditions de travail et surtout diminution du nombre de places au concours – en totale discordance avec les principes présentés. Toutes les universités se sont montrées bien démunies pour comprendre et encore davantage pour expliquer à la première promotion ce qui l’attendait – malgré l’implication des tutorats… Les responsables de cette réforme ne l’ont manifestement pas assez préparée et ne semblent avoir pour objectif que son application elle-même, quoi qu’il en coûte.Certains se sont renseignés et le collectif national a fini par naître. Une pétition a réuni près de 50 000 signataires. Des démarches auprès des facultés ont d’abord été lancées, puis auprès des ministères, des élus, qui ont été très réactifs. Plus de 300 parlementaires ont choisi de porter notre voix. Une conférence en Visio avec le MESRI et des doyens a été organisée en mars : nous allions être entendus. Hélas, le discours négationniste et hypocrite, auto satisfait, qui nous a été servis nous a déconcertés. Ensuite les ministères ont communiqué : conférence d’information, journal le Monde : tout va très bien, Mme la Marquise. Ou sinon c’est la faute au COVID. Ces parents poules confondent des carottes et des navets (quel irrespect).Les recours juridiques ont été la seule issue pour être entendus !Plusieurs collectifs se sont ensuite lentement constitués en association afin de pouvoir déposer devant le tribunal administratif des recours contre les arrêtés des facultés et universités de médecine. Des démarches qui nous ont conduits à nous faire représenter par un avocat. C’est dommage : les pro-action juridique (dont tu as compris je n’étais pas) avaient vraiment raison : aujourd’hui, après le Défenseur des Droits qui avait retenu notre recours, le Conseil d’Etat a considéré qu’il existait un intérêt à agir et a présumé d’une iniquité des chances en suspendant l’arrêté de janvier. Quel bazar ! Les PACES n’ont pas mérité ça. Et, tiens ! Des gens importants commencent à prêter attention à la cause et les journaux nationaux, France Inter…Voici quelques éléments de réponse à tes remarques pertinentes.Je te souhaite belle route, Alexandre, mais vu ta façon de considérer multiples facettes à un problème, je ne suis pas inquiète pour toi.Confraternellement… »

sab : Je trouve votre témoignage très juste mais le fond du problème est le non-respect de la loi. Nous n’en serions pas là si l’on avait su pour combien de places nos enfants allaient concourir en mars 2020 . Tout le reste est le problème du MESRI, c’est lui qui décide, c’est pas nous. Seriez vous allé griller votre 1ere chance en Pass si vous aviez su qu’il n’y avait que 10 places en maieutique ou 42 en pharma ? alors qu’aux lycéens les responsables des études de médecine annonçaient que Parcoursup était prévu pour une réussite de 25 % . D’où les collectifs.

BRUNO / Jeune homme, c’est une très bonne analyse et en tant que parent d’une PASS qui a été dès le départ dans ce mouvement pour dénoncer une réforme injuste et inique, je souscris totalement aux conclusions: cette réforme a été pensée par des technocrates qui, j’en suis sûr, disent avoir été sur le terrain, avant de pondre cette stupidité. Or, dans le public, ce sont des fonctionnaires qui ne s’opposent pas à leur hiérarchie et donc ne disent pas ce qu’ils pensent vraiment c’est comme cela qu’on en arrive à créer une filière LAS avec cette Bêtise de vouloir diversifier des profils alors que le sujet est de moderniser la relation patient-médecin et surtout le management en hôpital public.

VERONIQUE : Votre témoignage est sincère et votre implication dans le tutorat est admirable. Les stages hors CHU ne posent à priori pas de problème puisque Mme Rist a rejeté les amendements qui demandaient cette possibilité en disant que cela était déjà le cas. Concernant les déserts médicaux, cela m’étonnerait énormément qu’une première année des LAS effectuée dans sa fac change le problème. Quand on passe d’une réforme qui avantage les doublants à une réforme qui avantage les primants, il faut mathematiquement augmenter le nombre de places sinon un des 2 groupe est pénalisé. Quand on parle de 2eme chance en las2, dans de nombreuses universités ne connait même pas les modalités de sélection et une grande partie des étudiants n’ont pas choisi leur mineure. Dans la majorité des universités les places n’ont pas été ouvertes en fonction des intérêts des étudiants. Concernant l’éventuelle disparition des pass en faveur des LAS, comment comparer le niveau d’un étudiant en sciences et d’un étudiant en histoire ? Si c’est seulement sur les UE de santé, on aboutit à un bachotage et à des étudiants qui négligent leur mineure et qui la choisiront de manière stratégique. Si on fait un classement global on est obligé d’utiliser des formules alambiquées qui partent du principe que les étudiants ont le même niveau quelle que soit leur licence, alors qu’ils sont passés par un tri parcoursup et que ce n’est pas le cas. Cette réforme n’est pas aboutie et il est révoltant que le ministère ait voulu l’appliquer en l’état.

JOEL : 1/ augmenter le NA au moins cette année pour ne pas sacrifier la génération 2002 , dont les chances sont amputées par la présence des redoublants Paces et leur NC ( qui ne doit pas être pris sur le NA des primants … ) 2/ autoriser les stages hors CHU 3/ autoriser le redoublement comme avant ( sous réserve d ‘une certaine moyenne à obtenir ) 4/ sélectionner mieux dès parcoursup 5/ classement au mérite suite à un examen commun 6/ régler le problème des mineures inutiles , et pas de note éliminatoire 7 / etc

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